LITURGIE du DIMANCHE
commentaire sur la Parole

 

Il siégera
sur son trône de gloire


26 novembre – N. S. Jésus Christ, Roi de l’univers (solennité)



Lectures bibliques

Première lecture: Ez 34,11-12.15-17

Psaume: 22(23) 1-3.5-6
Le Seigneur est mon berger: je ne manque de rien.

Deuxième lecture: 1 Co 15,20-26.28

Évangile: Mt 25,31-46




Le dimanche du Christ, Roi de l’Univers, est le dernier dimanche de l’Année liturgique. La communauté qui célèbre a accompli un parcours annuel au cours duquel, à travers chaque étape, elle a contemplé et célébré tout le mystère de la personne de Jésus.

Jésus est Roi. Il l’a affirmé devant Pilate: «C’est toi-même qui dit que je suis roi» (Jn 18,37). Son Royaume est particulier. Jésus dit à Pilate: «Ma royauté n’est pas de ce monde; si ma royauté était de ce monde, j’aurais des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux Juifs. En fait, ma royauté n’est pas d’ici» (Jn 18,36). La royauté de Jésus n’appartient pas à la logique de ce monde mais à celle de l’Esprit. Dans le monde sémitique, «royauté» signifie essentiellement seigneurie. La Seigneurie du Christ est universelle. L’Évangile de Jean dit en effet que «c’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui» (Jn 1,3). Dans le cosmos, tout porte son empreinte. Ce n’est que dans le cœur de l’homme, centre de la liberté rationnelle-émotionnelle maximale, que la Seigneurie de Dieu est «conditionnée» par le choix libre de la personne. Si l’homme choisit Jésus comme son Maître et Seigneur, la seigneurie de Dieu est instaurée dans son cœur. La prière (collecte) de la solennité nous aide à mieux comprendre la royauté de Jésus: «Dieu éternel, tu as voulu fonder toutes choses en ton Fils bien-aimé, le Roi de l’univers; fais que toute la création, libérée de la servitude, reconnaisse ta puissance et te glorifie sans fin».

La mission de Jésus Roi-Pasteur consiste à soumettre tout ce qui est ennemi de l’homme et s’oppose au projet divin. Lorsque la mort, ultime ennemie, sera soumise, alors la royauté sera complètement réalisée. Le Christ la remettra au Père et Dieu sera tout en tous (deuxième lecture). Quand cela adviendra-t-il? Au retour définitif de Jésus (parousie). Ce sera aussi l’heure du jugement (Évangile) prononcé par un roi-pasteur qui s’est dépensé totalement pour soigner les brebis (première lecture). Il s’agit certainement d’un jugement très particulier dont nous n’avons pas d’expérience dans l’histoire.

Jean écrit: «Mes enfants, je vous écris cela pour que vous évitiez le péché. Mais si l’un de nous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père: Jésus Christ, le Juste» (1 Jn 2,1). Donc, celui qui jugera les croyants est le défenseur (avocat) des croyants auprès du Père. Par conséquent, Jésus ne peut être considéré comme un simple «tiers indépendant». Jésus est un juge «impliqué»: en effet, il est à la fois juge (Évangile) et défenseur.
Évangile

L’ultime grand discours de Jésus dans l’Évangile de Mathieu est eschatologique (Mt 24,4-25,46). Le dernier passage de ce discours constitue l’Évangile d’aujourd’hui que la liturgie enrichit d’un incipit («En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples») pour présenter l’envoyeur et les destinataires. Le texte est organisé selon le style sémitique, sur un fort parallélisme antithétique: d’une part, les justes; de l’autre, les réprouvés.

Évangile

Le récit évangélique comprend une introduction (Mt 25,31-33) où Jésus annonce son retour. Puis, une partie plus longue est dédiée à l’illustration du jugement universel avec une comparaison (Mt 25,34-46). La comparaison du jugement («il séparera les hommes les uns des autres, comme le berger sépare les brebis des boucs») est organisée sur un diptyque qui exprime un parallélisme antithétique. Le premier diptyque présente les justes, leur réaction devant l’accueil du juge-roi. Le deuxième présente les réprouvés, leur réaction devant la malédiction royale et la réponse du juge-roi. Une brève conclusion termine le récit. Comme nous pouvons remarquer, dans la conclusion, le thème est sévère: le châtiment éternel existe. À côté de cette vérité sévère, il est bon de situer une demande: mais, existe-t-il une personne inflexible au point de ne jamais éprouver, en aucun moment de sa vie, de la compassion pour un affamé ou un assoiffé ou un étranger ou une personne nue ou malade ou en prison?

Jésus parle de lui-même comme du «Fils de l’homme» (Mt 25,31). Quand le Fils de l’homme viendra (parousie), il apparaîtra comme roi. «Il viendra dans sa gloire, et tous les anges avec lui, alors il siégera sur son trône de gloire», comme pasteur et comme juge. Cette pluralité de titres christologiques n’a pas été choisie au hasard. Jésus se présente sans doute comme juge parce que la mission du Fils de l’homme à la fin de l’histoire est précisément de juger pour rendre à chacun selon ses œuvres (Jn 5,22; Mt 16,27). Mais il se présente comme le souverain (roi) qui est au-dessus de toute loi, et comme pasteur qui a toujours pris soin de ses brebis. Il n’est donc pas un juge «impartial», mais il est «orienté». Il s’agit d’un juge qui connaît ses brebis, qui les a soignées quand elles étaient blessées, qui les a cherchées quand elles étaient égarées. Son jugement sera différent de ceux que la meilleure justice humaine nous a fait expérimenter. Jésus a anticipé les critères de ce jugement divin.

Les lecteurs de l’Évangile de Mathieu savent que les besoins du prochain sont variés: besoins plus immédiats et matériels (manger, boire), besoins plus intérieurs et relationnels (accueil de l’étranger, dignité de l’homme à travers le vêtement, espérance de ceux qui manquent de liberté). Ils savent aussi qu’aller à la rencontre du nécessiteux n’est pas un acte de philanthropie, mais de foi. En effet, derrière le visage du nécessiteux, il y a le visage du Christ et faire du bien à une personne dans le besoin, c’est faire du bien au Christ lui-même qui te jugera sur cela.

À la fin du texte évangélique, nous nous demandons spontanément si ce que Jésus dit concerne seulement ses disciples ou tous les hommes (cf. Mt 25,32): «Toutes les nations seront rassemblées devant lui», y compris ses disciples.

Première lecture

Le prophète Ézéchiel écrit ces paroles prophétiques durant l’exil à Babylone (VI siècle) alors qu’une partie du peuple de Dieu est esclave depuis environ deux siècles à Ninive (hébreux du royaume du Nord, détruit en 721 av. J.-C. et une autre partie du peuple est depuis quelques décennies à Babylone (hébreux du royaume du sud, détruit par Nabuchodonosor à plusieurs reprises de 597 à 583 av. J.-C.). La vie au milieu des païens est difficile. Les coutumes et les mœurs peuvent entacher la fidélité des hébreux à Yahvé. Cependant, Dieu se manifeste comme pasteur qui cherche ses brebis et les rassemble. Peu de temps après cette prophétie, Dieu suscite Cyrus, roi des Perses, qui conquière Babylone et libère les hébreux.

Deuxième lecture

Le passage de la première lettre aux Corinthiens 15,20-26.28 est un des textes souverains pour comprendre la résurrection et le Royaume. Nous ne mourons pas parce que nous sommes fils d’Adam, mais nous recevons la vie parce que nous sommes une seule chose avec le Christ. Quand l’humanité sera ressuscitée, chaque ennemi de Dieu sera anéanti, y compris la mort. Alors, Jésus remettra le Royaume au Père. Comme le Christ est «tout en tous» (Col 3,11), de même, par Lui, le Père aussi sera tout en tous.

R. DE ZAN



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